17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 09:19

Quatre critiques pour le prix d'une !

 

Eh oui, je sais, cela fait un bout de temps que je n’ai pas été active sur le blog ! Pour me faire pardonner, cette fois-ci je ne vais pas vous présenter un, mais quatre mangas ! Dernièrement, j’ai eu l’occasion de découvrir 4 shôjos, plus ou moins récents. Il faut dire que je ne me suis jamais vraiment intéressée aux shôjos (mis à part Nana). Mais j’ai fait un effort pour cette fois... Et je dois avouer que je ne suis pas aussi déçue que je le pensais. J’ai même été agréablement surprise par certains. Je vais donc vous éclairer sur ces 4 titres, et vous dire ce qui selon moi mérite d’être lu, ou non.

 

Akuma to love song

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Titre japonais : 悪魔とラブソン (Akuma to love song)

Auteur : Toumori Miyoshi

Edition française : Kana

Nombres de tomes sortis en France : 5, en cours.

Résumé : Maria Kawai est transférée au lycée Totsuka après avoir été renvoyée de la prestigieuse école de Sainte-Catholia pour des raisons mystérieuses. Ses nouveaux camarades sont éblouis par sa beauté, mais se rendent vite compte des capacités exceptionnelles de la jeune fille pour démasquer leur véritable personnalité. Sa nature froide et son franc-parler amènent bientôt les élèves à la considérer comme un démon. Mais est-elle vraiment le monstre dont tout le monde parle ? 

 

Mes premières impressions sur ce manga, c'est à dire mes a priori, se sont effacées dès que j'ai commencé à le lire. Je m'attendais à une sorte de Dark Shôjo dans le style de Vampire Knight... En fait, il n'en est rien ! Derrière cette jaquette sombre aux couleurs noire et rouge, ornée d'une croix gothique et d'une fille déguisée en lolita, se cachent des personnages amusants, une histoire originale et des dialogues improbables. Pour une fois dans un shôjo, les histoires d'amour sont mises en second plan. Et quand elles sont abordées, c'est avec si peu de tact qu'on en rit.

Il est très appréciable d'avoir un tel personnage en héroïne. Ca change des jeunes filles crédules et maladroites qu'on présente souvent dans les shôjos. Mais le franc-parler de Maria, si il provoque souvent des situations amusantes, est aussi une source de complexité de dialogues qui donne parfois un mauvais mal de crâne. "Pourquoi tu dis ça si tu ne pense pas que je pensais que tu pensais que c'était lui qui mentait alors qu'il disait la vérité... ?", c'est peut-être uniquement un souci de traduction, mais parfois, c'est juste incompréhensible.

Il est aussi très dommage que le manga plonge dans une simple histoire de persécution, qui n'est pas sans rappeler Life, et qui montre une cruauté de la part des élèves exagérée et peu crédible. La mangaka semble pourtant rattraper le coup en jouant sur l'humour.

Le style de dessin ne se détache pas vraiment du style shôjo. Grand yeux brillants avec pleins de cils, garçons au visage fin, beaucoup de détails au niveau des cheveux, présence de dessins chibi... Mais cela reste tout de même très agréable à regarder.
Un manga qui est donc porté par ses personnages, et dont l'humour relève les faiblesses de scénario.

 

Strobe Edge

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Titre japonais : ストロボエッ (Strobe Edge)

Auteur : Sakisaka Io

Edition française : Kana

Nombres de tomes sortis en France : 7, en cours.

Résumé : Ninako est une lycéenne naïve qui n’a jamais connu l’amour. Quand ses amies lui disent que de toute évidence, elle est amoureuse de Daiki, son ami d’enfance, elle est tentée de les croire. Mais lorsqu'elle se rapproche de Ren, l’idole de toutes les filles, elle découvre de nouveaux sentiments qu’il est difficile d’ignorer. Le problème, c’est que Ren a déjà une petite amie, qui se trouve être la sœur de Daiki… 

 

Strobe Edge est un manga vraiment très agréable. Les dessins sont mignons, doux, sensibles, on reconnaît bien le style shôjo avec tout de même une touche personnelle. Malheureusement, agréable ne veut pas dire original, et c'est l'un des gros défauts de ce manga. Je l'ai apprécié car il est très facile d'accès, que ce soit dans la psychologie des personnages que dans le style ou dans le scénario. Mais cela ne suffit pas à faire un bon manga. Strobe Edge manque cruellement de choses nouvelles. On a l'impression de retrouver un mix de plusieurs autres shôjos. Tous les clichés y sont : L'héroïne naïve, le garçon parfait dont toutes les filles sont amoureuses, le rival coureur de jupon, le triangle amoureux, les scènes de jalousie... A un tel point que le manga entier devient prévisible.

Cependant tout n'est pas à jeter. Pour les habitué(es) du shôjo manga, celui-ci ne sera qu'un shôjo de plus. Mais il est aussi le manga idéal pour les novices qui souhaitent s'initier au genre. Il peut aussi convenir à tous les âges, car il vise un très large public.

En effet, même si Strobe Edge est constitué de tous les ingrédients basiques du shôjo, il est prouvé que ces ingrédients marchent, et on ne change pas une équipe qui gagne, comme on dit.
Les personnages restent attachants, et l'histoire, sans profondeur, est mignonne. Elle aborde les sentiments amoureux de façon délicate et fleur bleue. Inutile de préciser qu'il sera difficile de faire lire ça à un garçon...

 

Cat Streethttp://i49.tinypic.com/30kdg0p.jpg

Titre japonais : キャットストリート (Kyatto Sutorīto)

Auteur : Yoko Kamio

Edition française : Kana

Nombres de tomes sortis en France : 8, série finie.

Résumé : El Liston est une école un peu spéciale, qui accueille les élèves qui ne peuvent pas aller dans des écoles normales. C’est le cas de Keito. Son passé d’enfant star continue de la hanter, et l’a fait devenir Hikkomori (quelqu’un qui reste confiné chez soi, sans vie sociale). En entrant à El Liston, Keito découvre pourtant l’amitié, et reprend foi en l’avenir. Mais ce n’est pas toujours facile d’oublier les fantômes du passé…

 

Cat Street est un véritable coup de coeur pour moi. Le manga dégage d'une sincérité qu'il est très rare de voir dans les shôjos, où les relations entre les personnages tendent à être superficielles ou exagérées. Avant d'être une histoire d'amour, Cat Street est d'abord une histoire de vie, qui ne se contente pas d'aborder des problèmes classiques du genre (je t'aime moi non plus, j'essaie d'avoir une bonne note à mes examens ect.) mais joue dans l'originalité quant à l'intrigue et à la psychologie des personnages.

Il y a également quelque chose de très poétique dans ce manga. Peut-être est-ce du aux dessins empreints d'une légèreté et d'une volupté assez rares, ou tout simplement aux personnages eux-mêmes : des chats errants, qui au-delà même du désir de s'intégrer, recherchent chez les autres un peu de compassion, et d'amitié.

Cat Street reprend le thème de la célébrité (que j'avais déjà beaucoup apprécié dans Nana) en y ajoutant une dimension humaine, dont il ressort quelque chose de très vrai.

Bien sûr, il subsiste quelques maladresses, encore une fois le côté cruel des antagonistes est très exagéré et enlève à la crédibilité de l'histoire. Mais on sent tout de même une volonté de la mangaka de rester sincère dans ce qu'elle tente de communiquer : une leçon de vie, l'importance de se battre même dans les pires situations, et surtout, rester fidèle à soi-même.
Vous l'aurez compris, Cat Street est, parmi ces quatre mangas, celui que j'ai préféré.

 

Le sablier

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Titre japonais : 砂時計 (Sunadokei)

Auteur : Ashihara Hinako

Edition française : Kana

Nombres de tomes sortis en France : 10, série finie

Résumé : Après le divorce de ses parents, An quitte Tokyo avec sa mère pour s’installer dans un village de montagne, où vit sa grand-mère. An rencontre Daigo, un jeune garçon de son village, avec qui elle se lie bien vite d’amitié. Mais sa vie est sur le point d’être bouleversée par un évènement tragique…

 

Le Sablier est le dernier des quatre mangas que j'ai lu. Pour dire la vérité, je n'ai pas trop accroché, mais j'ai conscience que cela n'est qu'une question de goût, car en toute objectivité, Le Sablier est un très bon shôjo. Rien que l'environnement dans lequel il se déroule le démarque des autres : la neige, la montagne, il est rare que ce genre de décor soit choisi dans les shôjos.

Les thèmes abordés sont originaux, sérieux, sans pour autant que cela plonge dans le mélodramatique : des sujets en général tabous et bannis du vocabulaire shôjo comme la mort, le deuil, le passage de l'enfance à l'adolescence, y sont abordés de manière subtile et intelligente. Le shôjo ne souffre pas de l'habituelle pudeur japonaise, qui en cachant certains problèmes rééls de l'adolescence, créé des intrigues superficielles et peu crédibles. Le Sablier est peut-être le shôjo qui se rapproche le plus de réalité dans les quatre que j'ai lu.

Alors pourquoi ne m'a t-il pas plu ? La raison est assez simple et plutôt absurde. Je trouve que le manga dans son ensemble est très brouillon. Que ce soit les dessins, que je qualifirais d' "approximatifs", ou du scénario, qui ne semble pas avoir de réélle continuité. Mais il faut avouer que, si il n'est pas à mon goût, il sera peut être au votre, car cela donne une vraie identité au manga. Bien entendu, il se destinera à un public plus mature que pour les mangas précédents, car il est en certains aspects assez sombre, mais sa façon de traiter le difficile passage à l'âge adulte est très intéressante et certains pourraient parfaitement s'y retrouver.

 

La lecture de ces quatre shôjos m'a vraiment prouvé que malgré des éléments récurrents qui tombent très vite dans le cliché, le genre regorge de bonnes surprises, de séries pas trop longues et agréables à lire. A travers des histoires d'amour parfois assomantes, les shôjos parlent avant tout de la vie, certes édulcorée pour la plupart, mais qui tendent à faire rêver avec beaucoup de poésie. 

N'hésitez pas à me faire partager votre propre avis sur ces quatre mangas !

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 13:30

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titre japonais : イキガ(Ikigami)

auteur : Motorô Mase

édition française : Asuka (2009) et Kazé (2009)

nombres de tomes sortis en France : 8, série finie.

Résumé : Dans un futur proche, au Japon, tous les enfants subissent un vaccin dit de « prospérité nationale » qui contient une capsule. Si cette capsule est inoffensive durant les premières années de vie d’un individu, à l’âge de 18 à 25 ans, une sur mille provoquera la mort de son porteur. Cette loi cruelle a pour but d’apprendre aux citoyens à apprécier la valeur de la vie, car chacun d’eux pourra mourir en atteignant l’âge de 18 ans. Toute opposition à la « prospérité nationale » est sévèrement punie et aucune remise en cause du gouvernement n’est acceptée. Fujimoto est un citoyen comme les autres, à un détail près, son métier est « livreur », c’est à lui que revient la lourde tâche de délivrer « l’ikigami », le préavis de mort qui annonce à un porteur de capsule tueuse l’heure et la date de sa mort, afin qu’il décide de ce qu’il fera durant ses dernières heures de vie.

 

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Cela fait un certain temps que je pensais faire une critique d’Ikigami, car malgré ma volonté de varier les critiques sur des styles de mangas très différents les uns des autres, je n’avais pas encore fait de critique de seinen. C’est un genre que je ne lis pas souvent, en général je trouve les histoires trop sérieuses et les dessins ne m’attirent pas. D’ailleurs, je ne pense pas que j’aurais acheté par moi-même le premier tome d’Ikigami, on me l’a tout simplement offert, et j’étais sceptique : « ça à l’air glauque »… Me suis-je dit.
En effet, je ne m’étais pas trompée. Le pitch de départ était déjà extrêmement morbide, et dès le premier chapitre du premier tome, on voit énormément de violence, aussi bien physique que morale. De plus, tout est parfaitement réaliste, ce qui fait qu’on se sent carrément mal à l’aise en lisant ce manga, et pourtant… On ne peut s’empêcher de le dévorer. La situation des personnages et les questionnements qui envahissent le héros, Fujimoto, à propos de la légitimité de cette loi, sont extrêmement complexes et prenants.
 

 Les dessins quant à eux sont très typiques du seinen, on ne peut le nier. Les traits des personnages sont réalistes et très expressifs. Je ne pourrais les qualifier de « beaux » ou d’agréables à regarder, contrairement à ceux des mangas dont j’ai parlé dans mes critiques précédentes. Soyons clairs, les dessins d’Ikigami ne sont pas là pour ça. En revanche, il y a une volonté de Mase de rester très « vrai », ce qui se ressent d’abord dans l’histoire, mais aussi dans les dessins. Il est très appréciable dans un manga de pouvoir différencier clairement les personnages avec autre chose que leur coiffure ou leurs vêtements, et tout aussi fan de manga que vous êtes, vous vous accorderez avec moi pour dire que cela est assez rare dans la plupart d’entre eux.

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Le manga est structuré en plusieurs parties distinctes auxquelles on s’habitue rapidement, et qui donne un rythme bien agréable : deux épisodes par tome, dont chacun est découpé en trois actes. Chaque épisode montre la vie d’un personnage qui va recevoir l’ikigami, et ce qu’il va faire de ses dernières 24h. C’est en fait l’ikigami qui fait le lien entre le personnage principal, Fujimoto, le livreur, et les personnages qui changent à chaque tome, puisque c’est toujours lui qui leur apporte l’ikigami.
Je trouve l’idée particulièrement intelligente. En effet cela ne nous permet pas seulement d’avoir une vision morcelée de l’histoire, à travers plusieurs vies très variées, mais aussi de suivre une continuité à travers le personnage de Fujimoto. Cela est d’autant plus intéressant que les personnages secondaires qui reçoivent l’ikigami ne peuvent avoir qu’une réaction spontanée, et donc subjective de la loi de prospérité nationale. Leur opinion se fait dans l’empressement, dans la révolte et bien souvent le désespoir, tandis que Fujimoto lui, de par sa position de fonctionnaire, n’a non seulement pas le droit de penser du mal de son propre métier, mais doit en plus tenter de rester objectif, tout en étant confronté au malheur des familles. De plus, et je vais en reparler par la suite, on voit vraiment une évolution dans le personnage de Fujimoto, là où les individus condamnés, eux, ont toujours le même type de réaction, ou presque.

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Ikigami est un manga d’anticipation. C’est-à-dire qu’il envisage ce que sera notre futur, ici, la façon dont le gouvernement pourrait évoluer. Evidemment, on ne peut être que choqué en imaginant qu’un être humain sur mille pourrait être sacrifié, au prix d’une idéologie que personne ne peut contester au risque d’être sacrifié à son tour… On se dit « c’est impossible, ça ne pourra jamais arriver… » Et pourtant, plus le roman avance, plus on est absorbé par l’histoire, introduit dans ce monde qui semble si réel, et on en vient à se dire que ce n’est pas si impossible que ça… On peut même trouver des exemples de gouvernements qui s’en rapprochent aujourd’hui, ou le totalitarisme est considéré comme normal.

Ainsi au fil des chapitres et en suivant les dernières heures de ces multiples personnages, on est plus seulement troublé par ce concept de « prospérité nationale », on est même effrayé.

Par ce concept de gouvernement tout puissant, qui impose un « carpe diem » au sacrifice de toute liberté, Mase transforme un idéal de vie épicurien très fantasmé dans notre monde moderne (cueille le jour présent sans te soucier du lendemain) en une tyrannie diabolique dont on a à tout prix envie d’échapper.

Mais au-delà même d’une critique politique, on sent que le mangaka a voulu rester au plus proche de l’individu et de la nature humaine, c’est pourquoi le choix de montrer les dernières heures de toutes ces personnes condamnées se justifie parfaitement. A travers ces différentes vies, ces âmes torturées, qui tentent de lutter contre la mort, Mase nous emmène dans une réflexion plus intime sur ce système dictatorial. On se pose des questions sur ce que l’on ferait nous, à leur place. Profiterions-nous vraiment de nos dernières heures de vie, ou au contraire, saisirions-nous notre dernière chance de se révolter contre le monde ? Se pencher sur diverses vies permet également d’aborder des sujets très actuels et tabous, comme la drogue, les problèmes d’argent, la persécution et bien sûr… la peur de la mort.

http://i40.tinypic.com/a3i8vm.pngOn ressent vraiment un énorme désespoir en voyant ce que font les personnages de leurs dernières heures. On comprend que ce ne sont jamais les bonnes personnes qui meurent, d'ailleurs y a t-il de "bonnes" personnes pour mourir ? On se rend compte également qu’il est très contradictoire d’inculquer la valeur de la vie, justement en la sacrifiant. Les personnages sont uns à uns abattus, écrasés par le poids de la fatalité comme des héros de tragédie. Mais finalement chacun apporte sa petite pierre à l’édifice, qui un jour peut-être fera s’effondrer le système, ne serait-ce qu’en faisant comprendre à Fujimoto, qui les observe, à quel point ce gouvernement pour lequel il travaille et auquel il s’efforce de croire est très fortement déficient et injuste.
Je trouve personnellement que c’est l’un des rares défauts du manga, mais c’est très dommage que les histoires individuelles que l’on trouve tout au long d’Ikigami ne soient pas toujours intéressantes. Certes, elles sont toujours poignantes, mais on retrouve des similitudes entre plusieurs histoires, il y a une impression de répétition qui provoque la lassitude au cours des tomes, alors qu’au contraire, l’histoire de Fujimoto ne fait que s’intensifier. Vers la fin de la série, je pense que Mase a perdu le parfait équilibre qu’il avait jusque-là entre le fil rouge du personnage principal et les épisodes des personnages secondaires. Il est aussi possible que cette lassitude soit voulue, de sorte que l’on se dise qu’à cause de la loi de postérité nationale, la société n’avance plus. Quoiqu’il en soit j’avoue m’être moins intéressée aux histoires des victimes vers la fin de la série.


Malgré tout, il y toujours quelque chose à découvrir dans Ikigami au cours des tomes. Une morale certes très présente, mais qui n’empêche pas d’en tirer des leçons personnelles, de se poser des questions sur sa propre vie et sur le monde, tel qu’il est ou qu’il pourrait devenir.
Je dois dire que mon appréhension en commençant le premier tome du manga s’est vite dissipée. Certes, à priori toute cette histoire, ces morts, cette politique écrasante sont effroyablement glauques. Et puis au final, il y a tout ce lyrisme, cette poésie qui ressort du manga, qui émane de l’accumulation de sentiments humains que le pouvoir ne parviendra jamais à éteindre malgré tous ses efforts. Dans Ikigami, il n’y a pas que la façon « glauque » d’interpréter les choses, et il suffit de rester au plus près de l’humain, comme Mase tente de nous le faire percevoir, pour le comprendre. Peut-être ne verrez-vous pas les choses de la même façon que je les ai vues, peut-être aurez-vous votre propre lecture d’Ikigami, qui contredira la mienne. Et c’est sûrement ce qu’il y a de plus intéressant dans ce manga, chacun pourra le lire différemment, en tirer des conclusions qui lui seront propres. Alors qu’attendez-vous pour vous faire votre propre opinion ?

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 23:09

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titre japonais : ナナ (Nana)

auteur : Ai Yazawa

édition française : Delcourt

nombres de tomes sortis en France : 21, série en cours.

résumé:Nana Komatsu est une jeune fille rêveuse et immature, sans cesse embarquée dans des histoires d'amour sans avenir et sans grand objectif dans la vie. Nana Osaki est chanteuse dans un groupe punk et ne semble avoir comme point d'attache que son petit ami musicien, Ren. Mais ces deux jeunes filles dont le prénom semble le seul point commun vont être amenées à se rencontrer dans leur trajet pour Tokyo, et alors que leur nouvelle vie commence, une amitié aussi forte qu'improbable va naître entre elles.


Encore une fois il s'agit du manga et non pas de l'anime, que je n'ai pas vu en entier.

Je n'ai pas mis d'images de planches pour cette fois car j'enlève le contenu des bulles, or Nana possédant beaucoup de dialogues, cela n'aurai pas grand intérêt.

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Critiquer un tel manga pourrait paraître prétencieux de ma part. En effet, cette série a fait le tour du monde, fidèle à son exclusivité et à son originalité dans le genre. Car Nana est un peu au monde du shojo ce que Naruto est au shonen ! C'est juste... cultissime !

Mais bon, prenons un peu de recul, je ne suis pas là pour en faire l'éloge, mais bien pour essayer d'en établir une critique.

 

Pour commencer, Nana est un shojo. Pourtant c'est un manga qui se détache du genre, comme je l'ai dit il a quelque chose de plus, quelque chose de différent des autres shojos.

J'aimerais aborder en premier le fait que ce soit en quelque sorte un manga « musical » car il nous plonge dans l'univers de la musique de façon assez intuitive, vu que Nana Osaki souhaite atteindre une carrière professionnelle, on sait dès les premiers tomes qu'on va découvrir peu à peu le monde un peu cruel de la célébrité et du commerce musical. Une autre chose très réussie aussi de ce point de vue: (je rappelle bien du manga et non pas de l'anime), c'est qu'on ne peut pas entendre la musique jouée par les groupes qui nous sont présentés. Pourtant, c'est exactement comme si on l'entendait. On ne ressent pas de frustration particulière car rien qu'avec les dessins chacun peut imaginer sa mélodie, la voix de Nana, l'enjouement de la foule. Tout ce concept musical était assez risqué pour un manga, et pourtant selon moi il est très réussi.


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L'histoire est en quelque sorte classique. Deux filles du même âge au caractère et au physique complètement opposés se rencontrent et deviennent amies. Ces personnages sont d'ailleurs caractérisés assez simplement dans le tome 1, Ai Yazawa sait exactement où elle veut nous emmener, les traits de caractères sont déterminés et paraissent d'ailleurs complètement anodins. Mais le sont-ils vraiment ?

Au fur et à mesure des intrigues, on sent que tout ça n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Au tout début chacune de leurs intrigues se déroulent séparément, et elles ne se connaissent pas encore. Elles essaient d'évoluer à leur façon, mais n'y arrivent pas toujours. L'évolution se fait vraiment lorsque les deux Nanas se rencontrent. Leurs histoires sont différentes mais parallèles, tenues par on ne sait quel lien, et c'est leur amitié qui les fait avancer.

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Du coté personnages on peut dire qu'Ai Yazawa a plus que réussi sa tâche en essayant de nous guider du simplicime vers le grandiose. Cela n'est pas seulement vrai pour les deux héroïnes mais pour toute la palettes de personnages secondaires qui n'ont pas l'air de l'être tant leur psychologie est poussée et déjoue les clichés. Pour moi, Nana défini ce qu'est vraiment un shojô. Pas seulement un « manga pour fille » au sens où la plupart l'entendent, mais un manga qui parle de sentiments, pas d'amour en soi, mais de sentiments.

 

Et Ai Yazawa sait très bien jouer avec nos émotions dans ce manga. Que ce soit dans le caractères de ses personnages que dans les intrigues plus dramatiques les unes que les autres ou encore dans les dessins. Oui, nombreux sont ceux qui ne trouvent pas les dessins de Nana à leur goût (certains ont même employé le terme « moche », personnellement je trouve que si il y a bien un mot qu'on ne peut pas employer pour les définir, c'est celui là), et en effet ils peuvent déplaire par leur détail et leur aspect très « féminin ». Les visages sont allongés et fins, tout comme les corps d'ailleurs, tout en longueur et dégageant une sorte de douceur qui peut être un peu agaçante au fil des tomes. Moi aussi j'avoue que j'ai eu du mal à m'y faire, l'apparence sur-détaillée des silhouettes et même des objets est assez déroutant, surtout au début. Mais on s'y habitue vite, d'autant que ce style de dessins est parfaitement en accord avec l'histoire, qui est elle aussi on va le voir, très délicate et soignée.

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A tous ceux qui m'affirment que les mangas sont juste des bandes-dessinées sans dialogue et profondément bêtes, je leur répond de lire Nana. Pour moi c'est le meilleur exemple de « manga intelligent » pas seulement dans l'histoire, mais dans la manière dont elle est racontée. Au fond, on ne sait pas trop si Ai Yazawa savait comment allait se finir sa série quand elle écrivait dans le tome 1 les pensées en « voix-off » de Nana Komatsu. Mais hônnetement, il y a quelque chose de tellement profond et poétique dans ces sortes de flashforwards qu'on imagine toujours le pire (pour ceux ou celles qui auront lu jusqu'au dernier tome sorti, on comprend qu'on a pas eu tout à fait tort... mais no spoil). C'est bien écrit, bien construit, ça nous donne absolument envie de continuer à lire Nana mais surtout, ça créé un lien évident entre les tomes. La « voix-off » de la future Nana Komatsu, c'est un peu le concept même du manga. C'est ce qui fait tout le charme de cette série selon moi.

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Cependant -puisqu'il faut bien y venir- il faut bien avouer qu'on peut reprocher de nombreuses chose à Ai Yazawa. Malgré le fait que l'histoire et les intrigues s'éloignent la plupart du temps des clichés, il arrive très souvent à l'auteur de retomber dans des niaiseries classiques que seul le shojô est capable de nous offrir. Bon, dans les passages romantiques, difficile de faire autrement me direz-vous, mais quand même, on pourrait attendre mieux de la part d'un tel manga.

Autre chose: la façon dont Ai Yazawa traite les volontés de ses fans et même de ses lecteurs en général. [ATTENTION SPOILER !] Qui ne s'est pas offensé de voir le couple si adorable que formaient Hachi et Nobu bafoué au profit de Takumi ? Je suis sûre que ça a choqué tous ceux et celles qui l'ont lu !

Personnellement il y a aussi quelques autres passages que j'aurais aimé ne jamais voir comme celui, entre autres, où Hachi découvre que Shôji l'a trompée. [/SPOILER !]

Négliger autant l'attente des lecteurs, d'accord c'est être fidèle à sa propre volonté en tant qu'artiste, mais c'est surtout du pur sadisme !

 

En même temps ça fait de Nana un manga plutôt imprévisible. Jusqu'aux derniers tomes sortis, Ai Yazawa en aura fait voir, autant à nous qu'à ses personnages, des vertes et des pas mûres. Elle, au moins, à l'air de savoir ce qu'elle fait et c'est plutôt rassurant, car on sent au fur et à mesure des tomes que l'on se rapproche de la fin et on espère qu'elle ne sera pas trop expéditive car Nana a su nous séduire jusqu'ici, et même au-délà.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 09:45

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titre japonais:  ソウルイーター (Soul Eater)

auteur: Atsushi Ohkubo

édiition française: Kurokawa

nombres de tomes sortis en France: 12, série en cours.

résumé: l'école Shibusen dans la ville de Death City forme de jeunes meisters à contrôler des armes démoniques (armes capables de prendre forme humaine) afin de faucher les mauvaises âmes et faire régner l'ordre dans la ville. Mais le principal objectif de ces élèves est d'élever leur arme au rang de Death Scythe, l'arme officielle du maître Shingami (maître de la mort), et pour cela ils doivent faucher 99 âmes ainsi qu'une âme de sorcière. Maka et Soul, Black Star et Tsubaki, Kid et les soeurs Thompson sont de ceux-là, mais avant d'atteindre ce but ils devront faire face à une menace bien plus grande: la résurection du meister le plus dangereux de tous les temps, le grand dévoreur.

Soul_Eater-copie-1.jpgTout d'abord j'aimerais insister sur le fait que cette critique concerne le manga et non pas l'anime dont je n'ai vu que les deux premiers épisodes. J'aurais aimé critiquer l'anime, mais je n'ai juste pas eu le temps de le voir en entier, donc ce sera pour une autre fois !

Soul Eater n'est pas la première série d'Atsushi Ohkubo, il est également l'auteur d'un manga nommé B. Ichi, mais je vais vous avouer qu'avant de faire quelques recherches la dessus ce nom m'était complètement inconnu. En tout cas c'est Soul Eater qui l'a amené à la célébrité. Pas étonnant me direz-vous.

Au même titre que Fairytail, Soul Eater a connu un marketing monstre pour sa sortie en France. Au début cela ne m'emballait pas trop, mais en ouvrant le premier tome, j'ai été subjugée: si on aurait pu se perdre dans l'univers étrange et décalé de Death City, on est au contraire absorbé.

Avec Soul Eater, c'est ça passe où ça casse. Un bon nombre de mes amis Otakus m'ont tout simplement dit qu'ils détéstaient les personnages/les dessins/les combats etc.

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C'est vrai qu'on peut être surpris. Entre les paysages tout déformés, le soleil et la nuit qui ont des têtes à faire peur, les "méchantes âmes" à l'image des serials killers les plus effrayants et autres écoles en forme de tête de mort, il y a de quoi se sentir impressioné XD

D'ailleurs c'est encore une des similitudes avec Fairytail: un monde entièrement créé, une valeur sûre pour obtenir un manga original et dans lequel on est plongé facilement.

Mais même si dans l'ensemble le manga est assez sombre (après la résurrection du grand dévoreur on parle beaucoup de folie), ça n'empêche pas une certaine dose d'humour, et même parfois des énormes fous rires incontrôlables comme avec excablibur par exemple (n'est-ce pas Kyu ???)

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D'ailleurs, parlons des personnages. Dans Soul Eater, chaque personnage est bien caractérisé. Il suffit de lire le premier tome pour le comprendre: composé en trois parties, ce tome traite des l'histoire des trois personnages principaux de manière séparées, avant que leurs intrigues ne se croise.

L'avantage avec cette idée de trois personnages, c'est qu'aucun n'est laissé de coté au cours de la série. Si on en croit le titre, Soul serai le vrai héros, il est d'ailleurs beaucoup mis en valeur, mais cela n'empêche pas des intrigues très intéressentes du coté de nos amis Black Star et Kid.

Ce que ça a de sympa aussi, c'est que ça permet un parallélisme des intrigues: comme ils ne sont pas au même endroit mais que leur histoire se passe simultanément, dans un seul tome on a droit à une partie du coté de Soul et Maka, une partie du coté de Black Star et Tsubaki, une partie du coté de Kid, Liz et Patty. Résultat: dur de s'ennuyer !

 

Les combats sont dans l'ensemble assez clairs, mais on peut se plaindre qu'il y en ai peu ou qu'ils soient courts. Ce qu'il y a de génial dans les dessins des combats, c'est qu'on a carrément l'impression de voir le mouvement. Ils sont d'ailleurs assez exentriques sur les bords, surtout certaines contorsions de Maka XD

A.jpg

Malgré la simplicité des dessins d'Atsushi Ohkubo, il y a un véritable style, très reconnaissable et unique. Cela peut passer des dessins sombres représentant la folie aux formes géométriques et typées, aux dessins "surexposés" si je puis dire, épurés, presque sans ombres, comme lors des techniques puissantes à la fin de certains combats. On peut même trouver des dessins de chapitres qui ne ressemblent pas du tout au reste du manga, et qui montrent qu'Ohkubo ne se restreint pas à une manière de dessiner, et on ne peut l'en admirer que plus.

 

Parlons Fan-service maintenant, puisqu'il faut bien passer par là. Dans Soul Eater, on ne peut pas parler de fan-service sans parler de Blair la sorcière. Blair est en vérité un chat qui peut prendre forme humaine. et quelle forme humaine XD ! Combien de fois m'a t'on traité de perverse en passant derrière moi alors que je lisais un passage dans lequel Blair prenait son bain !! Bon, là je vous mets la planche la moins sexy parce que je voudrais pas que ça vous arrive à vous aussi, mais au moins vous voyez de quoi je parle ^_^"

Sincèrement Blair dans sa version humaine est là uniquement pour le fan-service ! On ne peut pas en dire autant de sa version chat heureusement, qui elle est très mignonne.

Ce n'est pas le seul personnage un peu ecchi de Soul Eater, Tsubaki elle aussi a ses moments chauds XD

D.jpg

Mis à part le ecchi, il y a des passages un peu gore : contrairement à Fairytail, Soul Eater ne s'adresse pas à tous les publics, et on ne peut l'en apprécier que plus.

 

Pour conclure, on peut dire que les goûts et les couleurs n'ont jamais été aussi vrais pour Soul Eater. On aime ou on détèste, personnellement j'ai beaucoup de mal à trouver des défauts à ce manga parce que l'univers me convient totalement. Pour moi Soul Eater est vraiment un manga à part, et Atsushi Ohkubo a fait un superbe travail que ce soit dans son style de dessin ou dans son histoire, même si on peut lui reprocher trop de simplicité.


Exentrique et original, voilà comment je pourrais définir ce manga en quelques mots. Mais pour vous faire une véritable opinion, je ne pourrais vous conseiller qu'une seule chose: le lire !

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:50

Fairy

 

titre japonais: フェアリーテイル (Fairytail)

auteur: Hiro Mashima

édiition française: Pika

nombres de tomes sortis en France: 15, série en cours.

résumé: Dans le royaume de Fiore, les mages membres de guildes doivent exécuter des missions proposées par les civils pour gagner des joyaux. Lucy est une jeune magicienne constellationiste, qui après la rencontre d'un chasseur de dragon manipulant le feu, entre dans la fameuse guilde de Fairytail. Mais la vie à Fairytail n'est pas de tout repos car elle est pleine de mages tous plus dévastateurs les uns que les autres.

 

 

fairy1

 

 

Fairytail est un manga d’Hiro Mashima, qui pour ceux qui ne connaissent pas est l’auteur d’une autre série absolument énorme mais que je n’ai pas eu le plaisir de lire en entier, j’ai nommé : Rave. C’est donc la deuxième série de ce mangaka, parue en 2006 au Japon et en 2008 en France (cherchez l’erreur -_-’) chez Pika Edition.

Si on en croit la postface du premier volume, Hiro Mashima serai parti d’un thème totalement opposé, et aurai même débuté Fairytail (qui devait d’ailleurs s’appeler Fairytale) avec l’idée d’une histoire courte en quelques volumes, voir même un seul, pour contraster avec son ancien manga Rave qui lui, en effet, est très long.

Pourtant, nous en sommes au jour où j’écris cet article au 14ème volume, et tout semble montrer que c’est loin d’être terminé (heureusement !).

Fairy-06.jpg

Hiro Mashima a un univers très particulier, Rave était déjà représentatif de cela, dans une ambiance plutôt Fantasy et parfois très excentrique (les personnages comme Nakajima et Plue dans Rave sont juste indescriptibles). Il n’hésite pas à inventer son propre monde : en effet l’histoire de Fairytail se déroule (volontairement si on en croit la postface du tome I) dans un monde imaginaire. Pourtant le grand talent d’Hiro Mashima, c’est de rendre crédible ce monde inventé de toute pièce, et nous plonger dedans plus profondément à chaque volume pour faire de Fairytail un manga vraiment unique.

Ici, on peut pourtant reprocher à l’univers de Fairytail une trop grande simplicité. Pas dans le sens où Mashima ne s’est pas foulé pour le créer, au contraire, mais parce qu’il a d’abord choisi son concept en visant un public très large. En effet selon moi, Hiro Mashima a pris peu de risques en faisant un manga qui plairait au plus de monde possible, et la promo qui a entouré la sortie des deux premiers tomes a bien joué là dessus.

Cependant son aspect commercial ne fait pas de Fairytail un mauvais manga LOIN DE LA !

 

Fairy2.jpg

Les personnages principaux de Fairytail sont l’un des gros atouts du manga. Pour moi les principaux sont Lucy, Natsu et Happy (même si Lucy est présentée comme l’héroïne, Natsu est tout aussi mis en valeur et c’est tant mieux), ensuite il y a Grey et Erza. Et puis derrière il y a tout un tas de personnages tertiaires qui font partie de la guilde et qui pourraient passer inaperçus si ils n’avaient pas été soigneusement caractérisés selon un pouvoir et une personnalité propre à chacun.

On peut tout de même reprocher à Mashima de ne pas assez mettre en valeur des personnages ultra-intéressants qu’on aurait envie de voir se battre plus souvent (personnellement j’attends toujours que Kanna l’alcoolo fasse ses preuves). Mais si durant les premiers tomes, Lucy qui est censée être LE personnage important de Fairytail, donne l’impression d’être inutile dans les missions car elle ne participe jamais aux combats, elle se rattrape LARGEMENT dans le tome 14 si bien qu’on peut pardonner ça à l’auteur (je n’en dis pas plus pour ne rien spoiler XD).

Rien que Natsu vaut le coup d’œil car même si le personnage du bourrin-écervelé-qui-fonce-toujours-dans-le-tas-mais-qui-se-bat-quand-même-super-bien est une personnalité récurrente dans les mangas d’Hiro Mashima, c’est sans aucun doute celui que je trouve le plus réussi et le plus drôle dans l’excès.

Vraiment, Hiro Mashima a bien soigné ses personnages et ça se voit, pas seulement moralement.

 

Fairy03.jpg

Les dessins de Mashima sont également très reconnaissables. La première fois que j’ai vu la couverture des Fairytail, j’ai tout de suite pensé à Rave, même si la plupart se sont écriés à mon plus grand malheur : « on dirait ONE PIECE !!! » suivi d’un soupir blasé genre « ces mangas, toujours la même chose ». Eh bien oui, c’est vrai, le style d’Hiro Mashima ressemble à celui d’Eiichiro Oda, personnellement je ne trouve pas ça flagrant, mais c'est un fait. Mais depuis Rave, Mashima s’est nettement affirmé, maintenant quand je passe de Fairytail au tome 1 de Rave je rigole tellement le contraste est grand. C’est peut-être ça aussi qui fait le charme de Fairytail, les dessins y évoluent très peu dans la continuité et y sont presque parfaits. Pour en revenir aux personnages, là encore on voit que le maître a bien préparé son coup. Aucun personnage ne se ressemble, il y a une véritable variété des visages et des vêtements. Visuellement, Hiro Mashima a un style irréprochable et ça je doute que quiconque puisse le nier.

Fairy-04.jpg

D'ailleurs, parlons des combats. C'est une chose de faire de magnifiques dessins, s'en est une autre de savoir dessiner les combats. L'action, c'est sans doute ce qui caractérise le mieux les shônens, alors c'est une étape que les mangakas ne doivent surtout pas rater. Eh bien pour le coup, Hiro Mashima a vraiment assuré... Malgré le fait que chaque mage possède sa propre manière de combattre, ce qui pourrait rendre les combats bien compliqués, Mashima arrive à rendre l'action parfaitement claire. C'est plutôt rare, mais ici, on comprend tout ! On en se demande jamais qui a frapper qui ou ce qu'il s'est passé, tout est fluide et on est tenu en haleine de bout en bout.

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A propos du fan-service, il est très présent dans Fairytail, tout en restant discret. Lucy et autres magiciennes à grosse poitrine satisferont les pervers, et il y a même une mission où Lucy est déguisée en soubrette !! XD Plus sérieusement, on trouve un petit clin d'oeil à Rave avec le personnage de Plue, ici présenté comme l'un des esprits des clés de Lucy, mais je ne sais pas si on peut considérer ça comme du fan-service.

 

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On y arrive, le point noir, peut-être l’unique gros défaut de Fairytail. Ce manga est-il « trop » parfait ? Oui, il l’est, car comme je l’ai dit Mashima prend peu de risques, surtout du point de vue du scénario. Une guilde de magiciens distribuée en groupes qui exécutent chacun des missions proposées par les citoyens.

Le truc, c’est que pour moi Hiro Mashima a utilisé ce concept de mission dans un simple souci technique. Imaginez la simplicité de scénario : chaque tome, ou deux tomes raconteraient la même mission, qui change à chaque fois que l’une termine etc. Pas de scénario à rallonge où il faut prévoir la dose de rebondissements pour ne pas s’ennuyer, et tout prévoir du tome 1 au tome 20.

Je pourrais dire qu’Hiro Mashima n’a pas du tout plongé dans cette banalité là, ce qui est vrai heureusement, mais il est clair qu’il a débuté avec cet objectif, ce qui explique ce scénario qui dans sa longueur est complètement décousu… En fait c’est ça le véritable souci. Dans Fairytail, il n’y a pas vraiment de scénario principal, juste des enchaînements d’évènements qui en entraînent d’autres, et même si cela sort du cadre des missions, le principe est tout à fait le même. On dirait que Mashima n’a rien prévu à l’avance, qu’il retarde le jour ou le manga devra être amené à finir. Car vu que le manga n’a pas d’« histoire » principale, on restera forcément sur sa faim.

FAiry08.jpg

C’est là où je peux trébucher et retomber sur une note positive qui clorait ma critique : Malgré son absence de fil rouge et la spontanéité de son scénario, Hiro Mashima arrive parfaitement dans Faiytail à nous tenir en haleine, et on ne s’ennuie jamais. Cela est du à ce procédé très simple : faire entrer dans les différentes missions auxquelles sont confrontés les personnages le passé de chacun d’eux, successivement. C’est certainement ça le véritable fil conducteur de Fairytail : Une guilde ou chacun possède un « lourd passé » pour reprendre les mots de Mirajane, passé que nous sommes amenés à découvrir tout en étant secoués par l’action des missions. Ainsi le véritable « héros » du manga ne serait ni Lucy, ni Natsu, mais la guilde Fairytail entière… ? Voilà une question fort intéressante…

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 16:20

Avant de dire quoi que ce soit (merde, trop tard >.>'), je tient à signaler la possible vulgarité du petit article ci-dessous. Bien que je vais tenter de rester sobre à ce niveau là, je ne serai pas étonné de voir qu'un mauvais mot ou deux m'aient échappé. 

 


 

L'art de critiquer ce sur quoi je ne sais rien - Episode 1 : Eric Zemmour et le manga

 

Connaissez-vous Eric Zemmour ? Oui ? Nan ? Moi je connais pas ce mec, et j'ai pas envie de le connaître. Tout ce que je sais c'est qu'il est passé une fois dans l'émission "On est pas couché" (une émission qui passe à je-sais-pas-quelle-heure sur je-sais-pas-quelle-chaîne) je-ne-sais-pas-quel-jour et que c'est de lui qu'on va causer très brièvement. 

 


Je ne critique pas Eric Zemmour, mais  sa façon de résonner... nuances...

L'otaku que je suis a instinctivement pensé que c'était naze de dire tout ça sur les mangas. J'ai même commencé à câbler un peu, mais Eika m'a rappelé un truc important,
" Il peut dire ce qu'il veut du moment qu'il nous interdit pas d'en lire à NOUS XD "
Et faut avouer qu'elle a pas tort.

Ça m'a permis d'entamer une réflexion sur son comportement, et ça m'a fait pensé à un truc de plus en plus répandu dans mon entourage, "l'art de critiquer ce sur quoi je ne sais rien". C'est exactement ce que fais Eric Zemmour dans cette vidéo.

Je ne parle pas du fait de "critiquer un truc que j'aime pas" ! C'est très différent ! On a tous des gens dans notre entourage (des potes, de la famille, des collègues, etc...) qui n'aiment pas ce que nous les otakus adorons; les mangas ! Bon, ba c'est tant pis pour eux, "chacun ses goûts" j'ai envie de dire. Seulement, ce qui m'énerve dans cette vidéo, c'est pas que Mr Zemmour n'aime pas les mangas (ça j'en ai rien à cirer, c'est sa life, son problème), c'est qu'il se permette de critiquer les mangas sans RIEN (ou presque) connaître à ce sujet.

J'veux dire, qu'il trouve ça médiocre ou indigent.... c'est son problème.

> Mais dés qu'il parle de "violence" le public commence à rouspéter,... et moi aussi. Y'a de la violence dans Dorémi Magique ? Dans Yostuba ? J'veux dire, mangasviolence ?! On est d'accord là-dessus non ? C'est totalement faux ! Les mangas ne sont pas tous violents quoi ! Y'a pas que du Berserk dans les mangas ! Et puis, Goldorak (désolé pour l'orthographe si c'est pas comme ça que ça s'écrit) c'est pas ce qui se fait de plus violent je pense... je suis en ce moment en train de lire Kenshin Le Vagabond, c'est déjà plus violent. Enfin bref. On est a 25 secondes dans la vidéo et y'a déjà ça.

> Un autre truc et après je passe à quelque chose de plus général. Les 3 mots de vocabulaire : "vouuuu", "jvouuu" et "vziouu". Bien sur ça fait allusion aux onomatopées qu'on retrouve dans un combat, genre le bruit d'un mouvement hyper-rapide, ou un sabre qui fend l'air, ou un coup de poing qui crée une pression incroyable.... y'a tout ça dans Dorémi Magique ? Dans Yotsuba ? C'est clair que y'a jamais grand chose si on ne lis pas les polices plus petites que 40 ^.^'

(Mais encore moins dans un roman XD)


Enfin bon bref, vous avez compris, ça me plaît pas trop comment il cause des mangas, puisque de toute évidence il ne s'y connaît pas. Mais là je parle pas en tant qu'otaku ! C'est pas le fait qu'il cause des MANGAS qui me saoule. Il aurait pu parler de l'informatique, des jeux vidéos, de n'importe quoi ça aurai été pareil pour moi (à la différence près que je n'aurai pas fais d'article là-dessus). Ce qui me saoule c'est qu'il critique le manga sans le connaître ! Qu'il dise tout simplement "j'ai pas envie de lire des mangas, j'ai eu une 1e expérience avec les mangas, ça m'a pas plus, j'ai pas envie de continuer" ! C'est plus simple que d'inventer des arguments bidons comme ça ! Et ca beaucoup trop de monde le fait je trouve.


Otaku
Les otakus vaincront ! x3

A partir de là, je m'adresse à tout le monde sans exception (moi même au passage):

On a tous des trucs qu'on aime trop, qui nous passionnent ; pour nous les otakus, c'est les mangas, les animes, la J-music, le Japon, bref.... tout ces trucs là.

On a tous (ou presque) quelqu'un (ou plusieurs personnes) dans notre entourage qui n'aime(nt) pas ce que nous on aime (on a du vous répéter des millions de fois "Les goûts et les couleurs ne se discutent pas"). C'est inévitable, car il faut de tout pour faire un monde, même de moi.

Je me suis servi de cet exemple (qui m'a bien soûlé quand même) pour faire parler d'une attitude de plus en plus répandue (j'ai l'impression) : "l'art de critiquer ce sur quoi je ne sais rien" (Qu'on appellera 1/°) !
A ne pas confondre avec "l'art de dire pourquoi j'aime pas un truc" (Qu'on appellera 2/°). C'est TRES différent ! Je vais prendre cet exemple là-haut pour m'expliquer.

(1/°) Eric Zemmour dit qu'il trouve LES mangas trop violents. Il englobe tout le genre "manga" et l'associe directement avec la violence, qui semble le choquer. Ce qu'il ne sait pas c'est qu'il existe une multitude de mangas non violents... et même très kawaiis. Il ne sait pas que manga n'est pas forcément égal à shônen-déconseillé-aux-moins-de-18ans.
(2/°) Un mec Lambda dit qu'il ne supporte pas la violence qu'il a rencontré en lisant "tel" ou "tel" manga, et affirme ne pas vouloir essayer d'en lire d'autres.

Un autre cas ?

(1/°) Eric Zemmour dit que les mangas n'ont pas de dialogues autres que les bruits d'épées, de mouvements et de poings (pour ne pas refaire les onomatopées). Il ne lit donc pas les caractères avec une police inférieure à 40 (qu'on appelle aussi "dialogue" au passage). Il pense que c'est comme ça dans touts les mangas... en gros il ignore l'existe des shôjo et des seinens.... et de tout le reste en fait.
(2/°) Une personne Lambda dit qu'il ne supporte pas les onomatopées qu'il a rencontré en lisant "tel" ou "tel" manga, et affirme ne pas vouloir y être confronté de nouveau.

C'est à peu près le principe, je ne supporte pas les gens qui se fixent sur peu d'expériences pour critiquer une généralité. Genre Zemmour qui dit que les mangas c'est violent. C'est ARCHI-faux. Y'a un nombre incalculable de mangas non violents et mignons tout plein.

Avant de vous permettre de faire des remarques sur quelque chose, s'il vous plaît.... informez-vous quoi.

Combien de mes potes m'ont déjà dit que je lis des mangas louches parce qu'ils sont arrivés derrière mon dos au moment d'une scène de bain dans Love Hina ? C'est vrai quoi ! Je vous accorde qu'à première vue, Love Hina ça à l'air d'un manga pas forcément à mettre en toutes les mains..... (pour des non-initiés du moins) tout ceux qui pensent ça, lisez le manga (14 tomes c'est pas énorme, et ça se lit très vite), vous comprendrez alors que les "scènes de nu" (si on peut appeler ça comme ça) ne sont pas si indécentes et choquantes que ça.
C'est CA que j'aime pas. On voit une culotte qui dépasse, et hop ça y est, le manga en Q° est un truc pas net.

Bien sur j'extrapole . Mais le principe est là. Une expérience = une remarque.
C'est un peu le même principe que des préjugés, sauf que là on préjuge nous même à partir d'un faible nombre d'expériences. Si encore c'était des bon jugements, genre :
"Oh j'ai trop aimé NegiMa ! C'était mon premier manga et ça me donne envie d'en lire d'autres !".
Ok là, ce serai pas un problème. Mais du :
"Beurk, j'ai lu NegiMa j'ai pas aimé, les mangas c'est nul de toute façon."
C'est très moyen.

On l'a tous déjà fait, et on le fait tous (je m'inclus bien sur là-dedans), mais j'aimerai qu'on fasse tous un petit effort pour le faire un peu moins, pour faire reculer cette mauvaise habitude. Ce serai franchement pas mal.

C'est pourquoi je demande une dernière fois à tout le monde (Otakus inclus), quel que soit le domaine, quel que soit le sujet, de ne pas se fier à un petit nombre d'expériences pour juger de l'intérêt d'une généralité ! Si quelque chose ne vous convainc pas la 1e fois et ne vous donne pas envie de vous lancer dans l'aventure, libre à vous. Mais ne justifiez pas avec des arguments de cette 1e fois --' Ce serai cool.
OU AORS, quand vous critiquez, précisez bien que c'est votre avis personnel. Si il avait dit :
"Perso, je trouve que dans les mangas y'a une violence monstrueuse"
Ou encore
"Il n'y a pas de dialogue selon moi dans les mangas"
J'auri rien, mais alors, vraiment rien dis. C'est son avis personnel, il le signale donc c'est bon. Mais là, corrigez moi si je me trompe, j'ai pas entendu de terme signalant sa critique personnelle.
Je sais c'est bête dis comme ça, quand on parle à quelqu'un en faisant une critique, l'interlocuteur se doute bien qu'on parle avec notre avis personnel. Mais le rapeller ne coûte rien et évitera que le ton monte.
"Ne prend pas CE cas pour une généralité."
C'est la phrase que résume cet article je pense. Et c'est valable partout, pour tout et avec n'importe qui.

 

L'art de critiquer ce sur quoi je ne sais rien -Episode 2 : La bourde du 25


 

Voilà, c'était mon petit coup de gueule du jour.

Je profite de cet article pour dire que l'activité du blog va se geler dés demain (Dimanche 11 Juillet) en raison de mon départ en vacances =D Le prochain article est prévu pour le 4 Août à peu près.

Vous l'avez remarqué si vous lisez ~l'info-kyu~ que mon article sur Nagasarete Airantô a du être interrompu. Pour le moment je ne peux pas le continuer, mais ce problème devrait n'être que passager et d'ici la mi-Août ce sera règlé j'espère.


Sur ce, à bientôt sur Ota-kyu !

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